L’OPEN DATA, LE CHAMP DES POSSIBLES POUR LES ENTREPRISES

De Emmanuel Daneau dans Technique

29 sept 2017

L’émergence de l’Open Data remonte maintenant à plusieurs années.
Malgré tout, ce principe d’ouverture et de mise à disposition des données reste sans doute encore assez méconnu … et au-delà, il existe surtout de multiples possibilités en terme de réutilisation des informations disponibles, notamment pour les entreprises.

 

L’Open Data, kesako ?

Avant toute chose, il convient de rappeler succinctement en quoi consiste l’Open Data.

Littéralement « Donnée ouverte », le principe est de rendre accessibles et publiques des données numériques non confidentielles, produites généralement par des institutions publiques, des collectivités mais aussi par des organisations privées, associations ou entreprises, et cela gratuitement.

L’offre des informations disponibles est assez riche et diversifiée : statistiques, cartographies, horaires, données économiques et financières, géographie, sociologie, environnement ou encore juridique, etc. Il est ensuite possible de les exploiter librement par les usagers.

A souligner, les données à caractère confidentiel et personnel sont évidemment exclues de ce dispositif.

 

Comment ça marche ?

 

Le terme Open Data désigne, au-delà du concept général, un système technique d’échanges et de mise à disposition des données.

Des critères de définition et de qualité d’une donnée dite « ouverte » ont été normalisés.

Dans l’absolu, une donnée ouverte doit être complète, primaire, opportune, accessible, exploitable, non-discriminatoire, non-propriétaire, libre de droits, permanente, gratuite.

La qualité de la donnée fournie varie sur une échelle de 1 (faible) à 5 étoiles (élevée) :

1* : Données non filtrées (éventuellement dégradées), par exemple mises en ligne avec n’importe quel format

2* : Données disponibles de manière structurée, (ex : données tabulaires en CSV, XML, Excel, RDF)

3* : Données librement exploitables :

  • Juridiquement (Cf. licences)
  • Techniquement (dans des formats non-propriétaires, pas sous Excel notamment)

4* : Données identifiées par des URL (avec date de mise à jour) afin que l’on puisse « pointer » un lien vers elles (et la retrouver éventuellement mise à jour)

5* : Données liées à d’autres données, pour les contextualiser et enrichir

 

Les données ouvertes doivent être accessibles par tous types de machines pour permettre leur traitement. De fait, les données ouvertes doivent être interopérables.

L’ouverture des données est régie par un système de licences qui fixe les conditions et limites éventuelles dans lesquelles ces données pourront être copiées, diffusées, réutilisées librement. La normalisation et la règlementation est variable encore d’un pays à l’autre, avec plusieurs types de licences utilisées à travers le monde à ce jour. En France, depuis 2013, l’harmonisation des pratiques a permis de se limiter à deux licences :

La Licence Ouverte (Open Licence) permet de :

  • Reproduire, copier, publier et transmettre « l’information »
  • Diffuser et redistribuer « l’information »
  • Adapter, modifier, extraire et transformer à partir de « l’information », notamment pour créer des « informations dérivées »
  • Exploiter « l’information » à titre commercial, par exemple en la combinant avec d’autres « informations », ou en l’incluant dans votre propre produit ou application

Cette licence est destinée à être utilisée notamment sur la plateforme de l’Etat français data.gouv.fr.

L’Open Database Licence (ODbL) permet de :

  • Partager (copier, distribuer et utiliser la base de données)
  • Créer (produire des créations à partir de cette base de données)
  • D’adapter (modifier, transformer et construire à partir de cette base de données)

Une variété de projets utilise cette licence, depuis Open Street Map aux collectivités locales (Paris, Nantes, Toulouse…).

 

L’Open Data en France

 

Initialement, l’intérêt principal de l’ouverture des données est porté sur la transparence et le partage des informations pour favoriser la démocratie. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada puis la France, ont été les pays précurseurs dans le domaine, avant que le mouvement ne s’accélère avec le Web 2.0 et la digitalisation de la mise à disposition des données.

Grâce à de multiples initiatives, la France est actuellement classée 4ème au classement mondial de l’Open Data Index, indicateur mondial qui liste les 94 pays qui ont amorcés l’OpenData selon le niveau d’ouverture de leurs données publiques.

Source : Open Data Index – 2017

 

L’association Open Data France, créée en 2013, a pour objectif de soutenir les villes, départements, régions et collectivités territoriales françaises engagées dans l’ouverture de leurs données publiques mais a maintenant étendu ses missions pour promouvoir également les démarches des entreprises en la matière.

Source : Open Data France – 2017

 

 

Quel intérêt pour les entreprises ?

 

Les données ouvertes constituent un patrimoine pouvant être valorisé pour un ensemble d’utilisateurs :

  • Informations pour les citoyens et journalistes
  • Sources pour les études et travaux des chercheurs
  • Création de nouveaux services utilisant ces données pour les entreprises

 

L’OpenData permet de mieux comprendre l’action publique et d’innover grâce à la publication des informations, la participation et la coproduction. Des exemples concrets sur la plateforme gouvernementale : https://www.data.gouv.fr/fr/dataconnexions-6

Mais l’intérêt de l’Open Data va au-delà du prisme du secteur public. Un axe de développement et d’innovation existe pour le secteur privé et le monde de l’entreprise, tant en qualité de consommatrice que de productrice.

Quelques exemples d’usages « consommateurs » d’open Data :

  • Enrichissements des moteurs de recherche :

Imaginez de pouvoir combiner des données ouvertes comme les transports publics, la localisation des écoles permettant à une enseigne d’agence immobilières de proposer des critères et des résultats de recherche enrichis à ses clients.

 

  • Marketing & Economique :

L’entreprise a l’opportunité de disposer d’indicateurs complémentaires à ses propres données pour mieux cibler et adapter ses offres, à partir de données ouvertes démographiques, de trafic routier, de statistiques de consommation, de revenus des ménages.

 

La consommation de données est sans doute la 1ère étape pour les entreprises avant d’envisager devenir elles-mêmes « productrices » d’OpenData. Les usages de production sont en effet moins répandus et font face encore à des appréhensions pour externaliser les données de la société, considérés parfois stratégiques.

Des initiatives se mettent malgré tout en place et devraient s’amplifier progressivement pour aussi permettre une meilleure collaboration (Je donne et je reçois en retour) via la publication des données de production de l’entreprise relatives à son activité. Exemple dans le domaine agricole où les exploitations mettent à disposition des institutions et de leurs clients leurs données de production céréalière, animalière ou maraichère. L’industrie n’est pas en reste puisque la publication des données de production est intégrée dans la démarche « Industrie 4.0 ».

 

Principales sources

Wikipédia :https://fr.wikipedia.org/wiki/Open_data
Global Open Data Index : https://index.okfn.org/
Open Data France : http://www.opendatafrance.net/

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