Le Supercollectif, la nouvelle puissance de nos intelligences

De William Rogazy dans Méthodes et Organisation

3 Juin 2019

Bonjour, je viens aujourd’hui vous parler d’un livre, je l’ai lu car il me semblait proche de la dynamique de notre équipe, et il me permet aujourd’hui d’être toujours plus dans l’amélioration continue collective :

Supercollectif, La nouvelle puissance de nos intelligences

Trêve de teasing, je vous dis tout de suite de quoi ce livre parle :
Sans surprise, il parle d’intelligence collective :
« Je n’utilise pas seulement tout mon cerveau, mais tous ceux que je peux emprunter » de Woodrow Wilson, 28èmeprésident des Etats-Unis d’Amérique.
Beau programme, non ?
Avant tout, quelques mots sur l’auteur : Émile Servan-Schreiber, docteur en psychologie cognitive il a travaillé pour de grands groupes du monde économique et politique. En bref, c’est un érudit, un précurseur, un influenceur et un businessman.

Ceci dit, le décor est planté. Ce livre, pourtant pas si gros, est d’une densité tel que le seul objectif de cet article est de vous donner envie de le lire.

Le Supercollectif éclaire les fondements de l’intelligence collective

Avant de commencer, il me semble nécessaire de redéfinir l’intelligence (d’après larousse.fr)

« Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle »
« Aptitude d’un être humain à s’adapter à une situation, à choisir des moyens d’action en fonction des circonstances »

Les groupes ont leur propre intelligence ; on sait depuis peu mesurer leur QI. En nous exposant les principes du supercollectif, ses démonstrations, son mode de fonctionnement, ses bénéfices, l’auteur répond aux questions suivantes :

  • Comment invoquer la sagesse d’une foule en évitant les pièges du conformisme ?
  • Pourquoi la diversité nous rend-t-elle plus intelligent ?
  • Comment notre intelligence « supercollective » rend-elle nos entreprises plus performantes ?
  • Comment l’utiliser pour revitaliser notre démocratie ?
  • Et pourquoi les espions américains s’y intéressent-ils autant ?

Puis l’auteur en arrive à son sujet précis : l’intelligence collective portée à très grande échelle de centaines voire de milliers de personnes grâce au numérique et à la méthode des marchés prédictifs. Le tout est délicieusement truffé d’exemples et d’anecdotes.

Nous allons ici nous concentrer sur la première partie qui nous explique avec beaucoup de pédagogie l’Intelligence collective avec un grand I.

Qu’est ce qui fonde l’intelligence d’un groupe ?

Dès le début, on entre dans le vif du sujet : l’intelligence collective est comme une termitière. Comment des termites, pas spécialement réputées pour leurs QI, ont pu reproduire la Sagrada Familia de Gaudi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intelligence collective se résume donc en deux principes :

  • La force vient du nombre.
  • La supériorité intellectuelle réside dans le mode d’organisation du collectif et de la qualité des connexions de son réseau.

Personnellement c’est dans la question de l’organisation que je trouve le plus d’intérêt. En effet, comme nous le rappelle l’auteur : « il faut de la volonté pour structurer un groupe qui n’est pas naturellement intelligent ».

Et je peux vous dire que l’exemple de la Sagrada Familia version termite est à l’opposer de notre culte du génie individuel. Un peu plus haut je vous ai présenté notre Auteur, il semble doté d’une intelligence individuelle des plus déroutante. Pourtant, et l’intelligence de ce livre, et donc de l’auteur, se base sur le fait qu’elle n’est pas issue de ces seules analyses mais de nombreuses références. Ainsi, ce livre un nouvel exemple d’intelligence collective.

L’intelligence individuelle

Par cette réflexion nous mettons en exergue le fait que l’intelligence individuel de l’homme n’est qu’un paradoxe. Nous voyons dans l’intelligence individuelle des qualités relevant davantage d’un rôle social que d’une capacité.

Ainsi l’intelligence individuelle se définirait par ces qualités :

  • Réfléchir en prenant en compte tous les points de vue,
  • Communiquer efficacement,
  • Se montrer sensible aux signes de ce que ressentent les autres,
  • Savoir où aller ou à qui s’adresser pour résoudre un problème.

L’auteur, définit l’intelligence par la phrase de Jean Piaget : « l’intelligence : ce n’est pas ce que l’on sait, c’est ce que l’on fait quand on ne sait pas »

La valeur scientifique se reconnait aux chiffres qui étayent un propos. C’est donc 100 ans après la mesure du QI d’un individu que l’on a appris à mesurer celui d’un groupe. Ce sont Anita Woolley (Carnegie Mellon) et Tom Malone (MIT Center for Collective Intelligence) qui ont démontré que l’intelligence collective est une capacité générale et stable qui se mesure et permet de prédire le taux de succès d’un groupe.

Mais, il ne suffit pas d’additionner les QI des individus d’un groupe. L’intelligence collective dépend de l’intelligence émotionnelle des membres. Il s’agit de la capacité d’écoute et le respect des contributions des autres. Appliqué aux groupes, cela représente deux facteurs :

  • La sensibilité sociale des membres du groupe : être à l’écoute de l’état d’esprit des autres, au-delà des mots prononcés.
  • L’égalité du temps de parole, alors que la parole est souvent perçue comme reflétant le statut social dans le groupe et donc accaparée.

La sagesse des foules

« Si tout le monde pense la même chose c’est que quelqu’un ne pense pas », Général George Patton.
Je prendrais donc l’exemple d’une étude de Francis Galton. Il a étudié une foule lors d’un concours pour l’estimation du poids d’un bœuf.

Cette sagesse des foules est régie par trois principes :

  • La moyenne des estimations des membres d’un groupe est plus fiable qu’une estimation individuelle moyenne : deux explications complémentaires à cela :
    • Les savoirs se complètent,
    • Les biais (erreurs individuelles) se neutralisent.
  • Plus le groupe est nombreux plus son estimation est fiable : au-delà du simple nombre, c’est le phénomène indissociable de la diversité des estimations de chacun qui influe. Plus il y a de monde, plus il y a d’avis différents.
  • La précision supplémentaire apportée par une estimation supplémentaire est de moins en moins importante quand le volume de la foule augmente, même s’il augmente toujours un peu. Il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour faire émerger la sagesse d’une « foule », tant que celle-ci est diversifiée.

Nous retrouvons ces principes dans de nombreux cas :

Premier stade : la sagesse des foules peut sans encombre être invoquée pour trouver la réponse à une question même quand personne ne la connait. Dans Supercollectif, vous trouverez une démonstration mathématique simple de ce principe grâce à l’exemple du jeu « Qui veut gagner des millions ? »

Deuxième stade : la sagesse des foules est utile pour effectuer une estimation, comme démontré par l’étude de Francis Galton.

Troisième Stade : la sagesse des foules est très opérante pour formuler des prévisions.

La leçon à tirer de la théorie de la sagesse des foules n’est autre que le théorème de la diversité.
Nous pouvons traduire cela par : la performance individuelle et la pluralité des opinions influent autant l’une que l’autre sur la qualité de l’intelligence collective.

En conclusion, en l’absence d’expert, un groupe de personnes non qualifiées peut apporter une réponse, sans perdre de qualité.

La qualité du réseau

La condition nécessaire de l’intelligence collective est son organisation et sa communication, c’est à dire la qualité de son réseau.

Attention, nous parlons bien ici d’un groupe au sein duquel les individus cherchent à se différencier pour « gagner », à ne pas confondre avec une foule qui se regroupe dans l’optique assumée d’unir leur pensée et leur action. Le piège de la foule est celui de se rassembler pour penser comme une seule personne. Plus les autres individus sont convaincus moins il y aura de diversité et donc plus on risque de tomber dans un cas de pensée unique.

Ainsi, la qualité du réseau est garantie lorsque celui-ci assure l’indépendance d’esprit et le respect des opinions de chacun. En effet, penser différemment voire être en désaccord ne signifie pas que l’on peut mettre de côté les qualités essentielles d’écoute et d’empathie et de bienveillance que nous mentionnions précédemment.

Mis bout à bout, James Surowieck reconstitue la recette de l’intelligence collective en 4 ingrédients

  • Décentralisation des sources : l’information spécialisée et circonstanciée doit être recherchée sur le terrain pour envisager tous les angles de vue et atteindre la diversité.
  • Indépendance d’esprit : il s’agit d’encourager l’originalité et éviter l’influence extérieure pour garantir la diversité.
  • Diversité des points de vue : grâce aux deux ingrédients précédents pour contrer la subjectivité et les lacunes de chacun.
  • Mécanisme d’agrégation, synthèse, consensus objectif : il faut rester objective. En tout cas éviter un rapporteur privilégié qui ne manquera pas, même involontairement, d’influencer par son prisme le rapport qu’il rendra.

La suite

Je ne dirai rien de plus et j’espère vous avoir mis l’eau a la bouche. Ces principes sont largement mis en place au sein du groupe Hervé et particulièrement chez iMDEO. Je ne manquerai pas dans un prochain article de faire les parallèle avec le fonctionnement interne d’iMDEO.

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